Culture : quand Valls prend le pouvoir

Tiens, Audrey Azoulay est ministre de la culture depuis trois mois, et elle ne fait pas de vague, pas de drame, pas de faute. C’est bon signe. Elle n’a pas multiplié les gaffes, comme Fleur Pellerin, qui l’a précédée Rue de Valois. Elle a une bonne image dans les milieux culturels. Elle a travaillé huit ans dans le cinéma, une bonne année au cabinet de François Hollande. « Avec elle, on ne perd pas de temps à expliquer », dit un cadre du cinéma. Elle est chez elle au Festival de Cannes, qui vient de commencer. Mais ses jours sont comptés. Dans un an, elle ne sera probablement plus là. Que peut-elle faire en deux semestres ? Sans doute peu. Eviter les fièvres,guess soldes, lancer un projet, renouer les liens avec les artistes avant l’élection présidentielle. Le climat est favorable. Audrey Azoulay ne sera pas humiliée comme le fut Aurélie Filippetti en 2013 et 2014, quand elle dut défendre un budget plus en baisse que celui de la plupart de ses collègues. C’était dans le gouvernement de Jean-Marc Ayrault. Manuel Valls, fils de peintre, marié à une violoniste, a emprunté une autre route, l’an dernier, en affirmant que le passé a été « une erreur » et « un signe négatif » envoyé aux créateurs. Si le retard est loin d’être rattrapé, le budget culturel 2016 est en hausse. L’Etat doit montrer la voie Les mots de Valls sont dans la logique du costume qu’il a endossé il y a deux ans : il est devenu l’homme fort de la culture. Une première pour un premier ministre, qui bouscule un modèle ancien et performant, celui des tandems président-ministre de la culture : de Gaulle-Malraux,lunette dior aviator, Mitterrand-Lang. La prise de pouvoir de Valls est apparue avec les intermittents du spectacle (artistes et techniciens). C’était le 19 juin 2014, dans un discours télévisé visant à arrêter le feu qui menaçait – une fois de plus – les festivals de l’été. Ce jour-là, il a manié l’emphase : « La France,lunettes vue marc jacobs, c’est la culture. » Il a surtout sauvé le système de…